30.5.20

Macrophotographie de galérienne






 

Un jour j'investirai dans du matériel de macrophotographie ; un véritable objectif macro' sera la première chose à trouver. 
On a tous quelque chose qu'on préfère photographier, certains vont adorer prendre des paysages, d'autres des portraits, d'autres de tout et pourront documenter des vies entières. Je fais partie de ceux qui ne jurent que par la macro'. Depuis mes premières photos, avec le mode "petite fleur" de l'appareil compact, il est évident que mon domaine de prédilection est la capture d'images de petites choses. Les fleurs, les insectes, les gouttes d'eau, etc.
Au final c'est assez redondant. Mais jamais lassant. En tout cas pour celui qui prend les photos. Pour celui qui les regarde ça doit finir par sembler toujours être la même chose. 
C'est d'autant moins lassant pour moi qui, faute de matériel adapté, doit aller mettre littéralement le nez sur les fleurs et insectes à photographier. J'utilise un petit réflex Canon, avec un objectif 50mm, sur lequel j'installe une bonnette grossissante. Pour pouvoir faire la mise au point il faut que je sois à moins de 20cm de ma cible. Vous visualisez le challenge pour les papillons, les libellules ?
Et comme il s'agit de créatures souvent assez rapides dans leurs mouvements pour les suivre avec l’œil dans le viseur c'est galère ; la mise au point peine tellement à se faire en mode automatique que je dois passer en mode manuel et agiter les mains au bout de mon objectif, à quelques centimètres du sujet, et la profondeur de champ avec un 50mm étant minime, ça se joue au poil de fesse près.

Tout ça pour dire que comme je ressors mon appareil photo' de temps en temps en ce moment, il est possible que quelques clichés se fraient un chemin jusqu'au blog.
Il me reste à trouver aussi des appareils photo' numériques compacts pour les garçons. J'en ai encore de côté (un petit compact et même un bridge) mais fonctionnant à pile et qui donc sont inutilisables. Écologiquement et économiquement, les piles étant vides en 30 minutes d'atelier photographie, c'est désastreux. Il faut que j'écume les magasins à la recherche d'appareils d'occasion peu chers fonctionnant sur batterie.
En attendant je prête mon réflex mais j'ai toujours peur d'une chute ; c'est lourd et encombrant, le risque est élevé dans les mains d'enfants de cinq ans.


Et, comme je me suis mis en tête de ne publier que des photos en noir et blanc sur le blog, il y a plein de photos d'insectes qui ne rendent rien du tout et que je ne mettrai pas ici. Oui c'est stupide. Mais des fois je suis bornée.

29.5.20

Les poésies du moi de mai

Suite à la lecture du très intéressant The Brave Learner, de Julie Bogart j'ai proposé aux enfants d'instaurer, chaque mardi, un goûter poétique. Autrement appelé le poetry teatime, c'est un moment partagé autour d'un thé (pour nous un rooïbos) et de bonnes choses à manger pour lire de la poésie. Le but c'est d'en faire un moment assez magique, une occasion de sortir notre plus belle vaisselle, d'utiliser une jolie nappe (ou un joli drap si c'est en mode pique-nique). 
Ici on lit quelques poèmes et on en choisit un à apprendre dans la semaine. C'est un choix que d'apprendre les poèmes, on peut très bien faire des poetry teatimes sans cette pression, juste pour lire et s'ouvrir à la poésie. 
Tous les mois je publierai ici les quelques poèmes qu'on aura travaillé, peut-être découvrirez-vous de beaux textes, ou bien serez-vous contents d'en relire de déjà connus ; ou bien vous n'en avez strictement rien à faire de la poésie et vous vous demanderez pourquoi j'essaie d'en faire rentrer dans la tête de mes enfants. Ce qui reste un questionnement intéressant !

Au printemps

Regardez les branches
Comme elles sont blanches !
Il neige des fleurs.
 Riant dans la pluie,
Le soleil essuie
Les saules en pleurs
Et le ciel reflète,
Dans la violette
Ses pures couleurs...
La mouche ouvre l'aile
Et la demoiselle
Aux prunelles d'or,
Au corset de guêpe
Dépliant son crêpe,
A repris l'essor.
L'eau gaiement babille,
Le goujon frétille
Un printemps encore !

Théophile Gautier

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Mouchelette

Refrain :
Mouche, mouchelette,
Moucheronnette, moucheron,
Demain c'est ta fête,
Toutes les mouches danseront.

Autour du vinaigre
Et des pots de miel,
Devant la fenêtre,
Dans un beau rayon de soleil.

(refrain)

Danseront la gigue,
La valse à l'envers,
La ronde magique
Où l'on doit voler de travers.

(refrain)

Mais après la fête
Viendra le sommeil,
Et la mouchelette
Rêvera d'un grand pot de miel.

Mouche, mouchelette,
Moucheronnette, moucheron,
Demain c'est ta fête,
Toutes les mouches danseront.

Anne Sylvestre

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Le Lion et le Rat

Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
  Tant la chose en preuves abonde.

Entre les pattes d'un Lion,
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.

Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.

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Les plaintes d'un Icare

Les amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.


C'est grâce aux astres nonpareils,
Qui tout au fond du ciel flamboient,
Que mes yeux consumés ne voient
Que des souvenirs de soleils.

En vain j'ai voulu de l'espace
Trouver la fin et le milieu ;
Sous je ne sais quel oeil de feu
Je sens mon aile qui se casse ;

Et brûlé par l'amour du beau,
Je n'aurai pas l'honneur sublime
De donner mon nom à l'abîme
Qui me servira de tombeau.

Charles Baudelaire

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Pour notre troisième goûter poésie nous étions en retard sur l'apprentissage de la fable Le Lion et le Rat ; à vrai dire arrivée au dimanche je me suis rendue compte qu'avec notre semaine à Vauliard nous ne l'avions même pas relue une seule fois. Pour éviter de devoir l'apprendre à la hâte j'ai proposé aux jumeaux d'inclure des chansons dans nos goûters poésies et d'en apprendre une pour le prochain ; je leur ai proposé Mouchelette d'Anne Sylvestre, parce qu'à Vauliard il y avait une invasion de mouches et que ça tombait à propos, parce que la musique et le rythme sont supers et les paroles jolies et la double lecture intéressante pour évoquer les images avec les enfants (je vous ai mis le lien vers la chanson sur les petites notes ). La chanson était apprise en un après-midi et le goûter poésie sauvé !

En ce qui concerne les parties de poèmes et chansons que je griserai  parfois dans les articles, il s'agit de vers ou strophes que nous n'apprenons pas, pour privilégier des parties plus abordables, plus facilement compréhensibles, par des enfants de cinq ans.

18.5.20

Petite échapée


Le premier jour du déconfinement j'ai blindé le coffre avec nos affaires pour la semaine ; quelques vêtements, beaucoup de jeux de société, des cahiers... et on est partis, les jumeaux et moi, pour une semaine chez mes parents. C'est à une soixantaine de kilomètres de chez nous, mais ça paraissait être la grande aventure.
On a pu se balader en forêt, aller faire du stock de matériel d'art plastique en magasin spécialisé, faire un rapide tour sur les quais blésois, observer un cadavre de ragondin, plusieurs corps morts d'oisillons tombés du nid (oui c'était plutôt macabre) à cause du vent d'est qui n'en finissait plus de souffler jusqu'à nous empêcher de marcher droit par moment.
Un après-midi on a vu un moineau juvénile mais bien en plumes, seul, au sol, devant la maison, qui appelait des parents qui ne viendraient pas l'aider ; au bout de plusieurs heures je me suis décidée à aller récupérer cette pauvre chose qui se caillait dans le vent et sous la pluie alors qu'elle aurait dû être encore au chaud dans son nid. Le moineau n'a pas mangé, a bu quelques gouttes, passé une bonne nuit au chaud et a essayé de redécoller au petit matin ; incapable de voler correctement il a voleté au raz du sol jusqu'à se cacher sous la haie où nous avons perdu sa trace et continué d'espérer qu'il s'en sortirait.
Je regrette d'avoir pensé à absolument tout sauf mon appareil photo. Lors de nos balades on a vu tellement d'insectes et les gamins on fait tellement de mimiques que j'aurais voulu photographier... Certes j'avais mon téléphone, qui dépanne bien quand même, mais pour la macro' ou des portraits je préfère avoir mon bon vieux réflexe sous la main.

8.5.20

Les jolies fleurs qui piquent


Tout à l'heure, Pimprenelle (c'est le petit nom que je donnerai à mon fils Lancelin sur le blog) a lu par dessus mon épaule et m'a demandé : "c'est quoi Tristelune ?"
Tristelune c'est moi, c'est mon pseudonyme, mon autre nom. Pour Pimprenelle je suis le standard Maman ou le très personnel Jean-Beul (Beul-Beul, Meul-Meul, Bleu-Bleu, bref, ça se décline, mais Jean-Michel Belette à la base). J'ai choisi de m'appeler Tristelune il y a quinze ans et ça restera, voilà bien une chose indélébile.

Il ne m'a pas questionné sur les chardons. La réponse aurait pu être simple : c'est ma fleur préférée. Ou plus compliquée : oh mon enfant, cela symbolise bien des choses ! Ouais bof tu parles. A l'époque je cherchais un nom pour mon nouveau blog et j'ai eu l'idée d'associer mon pseudo' à mes fleurs favorites : quel génie, quelle originalité ! 
Mais c'est comme quand on se met à étudier un poème, à chercher partout des figures de style on se prend à imaginer que l'auteur a voulu dire tout et son contraire, on fait la psychanalyse (plus ou moins foireuse) d'une strophe et de qui l'a composée ; si on veut décortiquer le chardon on peut y aller.
Comme c'est pas une pivoine on va pouvoir y aller sur son statut de mauvaise herbe, de plante invasive, méchamment piquante, etc. et y associer je ne sais quelle psychose.

Si je le fais moi-même on peut dire que ça compte, je vais analyser mon propre choix anodin d'il y a de nombreuses années ; avec mon œil d'aujourd'hui (celle d'il y a huit ans me traiterait probablement de psychanalyste de comptoir ou m'assommerait à coups de gourdin).

Les jumeaux. Les chardons, ce sont mes jumeaux. Ah ! quelle surprise ! évidemment que vous aviez vous-même fait la mise à jour ! (sinon c'est que vous ne me connaissez pas encore en tant que mère)

Mes fils, ces trésors, cette galère. D'un instant à l'autre ; tantôt délicates petites créatures auxquelles on offrirait le ciel, tantôt incarnation de Béhémoth et Léviathan qu'on enverrait bien quelque part dans les tréfonds. Je vais souvent parler d'eux, parce qu'ils sont tout simplement l'essentiel de ma vie. Et même si je passe mon temps à m'en plaindre, je ne voudrais pas qu'il en soit autrement. 

Pour un œil extérieur j'imagine que ça peut paraître triste de voir quelqu'un mettre ses enfants au centre de tout et de bâtir sa vie autour d'eux et non de les inclure simplement à sa vie.
Mais je ne me suis jamais sentie plus perdue que lorsque je me suis rendu compte que ma vie n'avait aucun sens. Je ne pouvais pas lui en donner. Elle n'en avait simplement pas. Je n'ai aucune passion, rien qui ne me détermine. Je n'avais jamais eu de travail, je n'avais jamais été fichue de trouver ma voie. Pas étonnant, je n'avais pas de voie !

Un jour j'ai pensé qu'avoir un enfant donnerait du sens à ma vie. J'avais la chance d'avoir un amoureux qui a accepté de me suivre dans cette nouvelle lubie. Bon, par contre c'était pas juste un enfant ; ils étaient livrés par deux, avec des petits soucis de santé bonus !

Alors certes ma vie ne m'appartient plus, mais elle a du sens. Enfin toujours plus qu'il y a 8 ans. Bon, attention à ne pas partir dans des tergiversations douteuses : non je ne me sacrifie pas. Je bosse dur pour être une bonne mère, pour gérer le foyer et l'intendance pendant que Qwenn enseigne à des ados ; mais c'est exactement ce que je veux et ce dont j'ai besoin.

Si tu me retires mes chardons tu me déracines avec ; et non je ne veux pas être rempotée.

7.5.20

Se retrouver soi-même

Je ne sais pas depuis combien de temps je n'ai pas écrit d'article ; quatre ans et demi, peut-être. Quand j'ai découvert que j'étais enceinte des jumeaux j'ai quitté ce blog pour un autre, sur lequel la famille ne pourrait pas savoir "trop tôt" que nous attendions le fameux heureux évènement : nous ne voulions les prévenir qu'une fois les trois premiers mois de grossesse passés, pour éviter de traumatiser nos proches si nous perdions les enfants. Sur cet autre blog j'ai continué d'écrire mais je ne m'y sentais pas chez moi. Depuis mes 13 ans je tenais des blogs, j'en avais beaucoup changé, mais déménager de Tristelune-et-les-chardons a été comme quitter une maison que je n'aurais jamais dû abandonner. 
De toute façon, une fois les jumeaux en âge de marcher et causer, je n'avais plus de temps pour écrire ; le temps libre qu'il me restait je le gardais pour me vider la tête sur League of Legends et non pour réfléchir et rédiger quoique ce soit...

Le hic c'est que je fais partie de ces gens qui ont les pensées qui turbinent ; pas de pause, les réflexions sautent de l'une à l'autre, sans rapport la plupart du temps, les idées vont et viennent, inlassablement. On est très nombreux à avoir cette façon de penser, j'imagine que c'est le cas de la plupart des gens, et ça ne m'a jamais vraiment gêné. Pourtant en prenant un peu de recul  je pense que toutes ces années à venir écrire de tout et de rien sur un blog m'ont aidé à décharger un peu, à poser par écrit quelques trucs qui sinon me trottent en tête indéfiniment. 
Il y a un an j'ai investi dans un smartphone et repris un compte Instagram commencé quand les jumeaux étaient bébés (mais depuis un ordinateur c'était chronophage de passer par un émulateur pour poster des billets alors j'avais arrêté). C'est pas mal, via le smartphone de pouvoir poster des photos commentées de quelques paroles ; mais j'ai besoin de causer plus que ça.
A une période où je me sentais pas mal paumée j'ai aussi entrepris d'utiliser un document texte pour évacuer, mais ça n'a rien à voir. Même si bien peu de monde viendra lire ce que j'écris ici, je ressens le besoin de laisser mes mots libres d'être partagés, lus et compris par qui le voudra. 
Alors attention il s'agit toujours de textes sans cohérence, non travaillés, balancés bruts, dans toute leur futilité. Je pense avoir un peu changé ces dernières années, mais pas au point d'avoir gagné en intérêt ou en crédibilité (insérer ici un smiley à l'air franchement teubé).

J'imagine que je devrais remercier le coronavirus, qui nous impose ici une pause plus qu'appréciée. Le quotidien en suspens, dans notre bulle où nous pouvons profiter de tout ce qu'on a la chance d'avoir : une location confortable, un petit jardin, un printemps très clément, un foyer composé de quatre personnes qui s'aiment et s'entend bien la plupart du temps, et de deux poussins arrivés récemment !
Une pause qui impose une réflexion poussée dans bien des domaines. D'où la nécessité pour moi de revenir coucher mes mots ici.

Cet article aurait besoin d'une photographie, et mon blog a besoin d'une nouvelle mise en page (réinstallation des "pages" des "gadgets" de liens, de libellés, etc.) ; mais pour ça il faut un peu plus de temps et là, il faut aller préparer à manger !